Le Congrès africain du bambou et du rotin
En avril, le Bureau régional de l’Organisation internationale pour le bambou et le rotin pour l’Afrique centrale et le Gouvernement de la République du Cameroun ont organisé une conférence de trois jours sur un sujet crucial : Évaluer l’importance du bambou et du rotin pour une croissance économique durable en Afrique.
On estime qu’il y a six millions d’hectares de bambou et plus de 20 espèces de rotin en Afrique. Ces plantes forestières non ligneuses sont un élément essentiel de la vie, des moyens de subsistance et des cultures matérielles de nombreux Africains, mais de nombreux pays n’ont pas encore mis au point des chaînes de valeur rentables axées sur l’exportation du bambou et du rotin. Grâce à un soutien et à des investissements accrus, les producteurs africains de bambou et de rotin peuvent prendre part à un secteur dont la valeur commerciale est estimée à plus de 60 milliards de dollars et utiliser davantage le bambou comme solution aux glissements de terrain, à l’érosion, à la déforestation et à l’énergie domestique.
Beaucoup de travaux sont déjà en cours, dont certains ont été présentés dans la revue de l’INBAR ‘Nouvelles du bambou et du rotin’ publiée en mars 2022. Ce numéro, qui met l’accent sur l’Afrique, présente un certain nombre de personnes et de programmes qui sont à l’avant-garde de l’expansion des utilisations du bambou et du rotin : de l’amélioration des processus nationaux de normalisation à l’intégration complète des plantations et usines de bambou, et au prochain Centre Chine-Afrique du bambou.
Le Congrès africain du bambou et du rotin (ABARC 2022) visait à rassembler ces nombreux projets divers à travers le continent et à inspirer les décideurs politiques à soutenir et à développer ces deux produits forestiers non ligneux. L’événement de trois jours a été co-organisé à Yaoundé, au Cameroun, par l’INBAR et le gouvernement de la République du Cameroun. Il comprenait des ministres, des experts et des délégations de 19 pays différents, dont le Burundi, le Cameroun, la République centrafricaine, le Tchad, la Colombie, le Congo, la République démocratique du Congo, l’Équateur, l’Éthiopie, la Guinée équatoriale, le Ghana, la Côte d’Ivoire, le Kenya, le Libéria, Madagascar, le Malawi, le Nigéria, la Tanzanie et l’Ouganda, et a porté sur un large éventail de sujets.

Discours d’ouverture de Son Excellence Bello Bouba Maigari, Ministre d’État et Ministre du Tourisme du Cameroun, au nom du Premier Ministre du Cameroun.
Lors de l’ouverture de l’événement, les participants ont entendu un certain nombre d’orateurs de haut niveau sur le potentiel du bambou en Afrique, notamment le Maire adjoint de la ville de Yaoundé, le Directeur général de l’INBAR et le Ministre d’État au tourisme et aux loisirs du Cameroun, et le représentant personnel du Premier Ministre du Cameroun. Le congrès a également reçu des messages du Haut représentant du Fonds international de développement agricole, de l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture, de l’Organisation des Nations Unies pour le développement industriel, du Forum des Nations Unies sur les forêts et de l’Agence espagnole de coopération internationale et de développement. Le message était clair : Le bambou et le rotin sont des solutions disponibles et évolutives à un certain nombre de défis durables, et peuvent apporter une réelle contribution à la croissance verte des pays africains.
La Cérémonie d’ouverture a été suivie d’une réunion ministérielle, au cours de laquelle des ministres, des vice-ministres, et des représentants du Tchad, de la République centrafricaine, du Congo, de la République démocratique du Congo, de l’Équateur, du Libéria, du Malawi, de la Tanzanie et de l’Ouganda, ainsi que des représentants d’autres États africains membres et observateurs de l’INBAR. Les intervenants ont discuté de la manière dont l’INBAR pourrait mieux servir ses États membres en Afrique et en Amérique latine, et ont décrit une vision commune sur les meilleures façons possibles de développer le secteur du bambou et du rotin en Afrique. Ces points de vue et idées ont ensuite été résumés dans la ‘Déclaration de Yaoundé’, qui a été publiée à la fin du Congrès.

Des artisans du bambou exposant leur artisanat à ABARC 2022.
Les jours suivants ont été divisés en plusieurs sessions. Plusieurs sessions ont abordé des aspects plus techniques du développement du bambou et du rotin, tels que les nouvelles technologies de transformation du bambou et du rotin, ainsi que les normes et la certification. D’autres se sont plus préoccupés sur la manière d’élaborer des politiques durables pour le bambou et le rotin, et sur la manière de promouvoir l’investissement. Des sessions spécifiques ont porté sur le bambou en tant qu’outil de stockage de carbone à grande échelle en Afrique et en tant que source de bioénergie. La conférence s’est terminée par la publication de la Déclaration de Yaoundé : un nouveau texte majeur, approuvé par les Ministres des États membres africains de l’INBAR, qui comprenait un certain nombre de recommandations pour le développement futur des filières du bambou et du rotin du continent. Celles-ci vont de la nécessité de mieux faire connaître les avantages du bambou et du rotin – « Les ministres [recommandent] qu’un plus grand nombre de pays africains rejoignent le réseau INBAR » – jusqu’à des spécificités plus techniques : la « promotion et le développement de centres de recherche sur le bambou et le rotin », ainsi que « la facilitation du transfert de technologie et de l’innovation afin de rendre plus accessibles les métiers du bambou et du rotin ». La Déclaration de Yaoundé indique clairement l’importance du financement et du soutien politique pour le succès du secteur du bambou et du rotin.

Discours de clôture par Son Excellence Jules Doret Ndongo, Ministre des Forêts et de la Faune et Président de la Commission des Forêts d’Afrique Centrale.
Enfin, la Déclaration suggère quelques domaines clés dans lesquels le bambou devrait être promu : en tant qu’outil de construction de logements abordable et à l’énergie renouvelable, et comme un moyen de « séquestration du carbone, d’agroforesterie et de restauration des paysages dégradés », y compris des programmes tels que le Défi de Bonn et l’Initiative africaine de restauration des paysages forestiers. La Déclaration de Yaoundé conclue en recommandant que l’ABARC devienne un événement régulier et soit organisé tous les trois ans.
En tant qu’hôte de l’ABARC 2020, le Cameroun a beaucoup à offrir aux autres pays africains : c’est l’un des États membres africains les plus enthousiastes de l’INBAR, avec une réelle volonté de développer les filières du bambou et du rotin. En 2018, son Président, Son Excellence Paul Biya, a visité le siège de l’INBAR ; et en 2019, le Cameroun a assuré la Présidence du Conseil d’administration de l’INBAR. Depuis lors, le Cameroun a facilité les interactions et les visites pour un certain nombre de pays voisins, et a joué un rôle important dans le renforcement de l’intérêt du public et des gouvernements pour le bambou et le rotin, en particulier dans la sous-région de l’Afrique centrale. Dans une déclaration rédigée pour le numéro de ‘Nouvelles du bambou et du rotin’ paru en mars 2022, le Ministre des Forêts et de la Faune de la République du Cameroun, Son Excellence Jules Doret Ndongo, a bien résumé : « Au Cameroun, le bambou et le rotin sont reconnus comme des plantes emblématiques du développement durable ».

René Kaam, Directeur du Bureau régional de l’Afrique centrale, présente des produits en bambou de haute technologie notamment des vélos et de l’artisanat aux membres de gouvernement visitant l’exposition sur le bambou.





