Le bambou, une solution innovante pour réduire les pertes post-récolte d’oignons et améliorer les moyens de subsistance des petits exploitants agricoles dans le nord du Cameroun

Garoua, Cameroun – 28 septembre 2025
Du 22 au 28 septembre 2025, le Projet d’Appui au Développement des Filières Agricoles – Phase II (PADFA II), sous la tutelle du Ministère de l’Agriculture et du Développement Rural (MINADER), en partenariat avec l’Organisation Internationale pour le Bambou et le Rotin (INBAR), a organisé un atelier de formation pratique visant à répondre à un défi majeur des producteurs d’oignons du nord du Cameroun : les pertes post-récolte.
L’atelier a réuni 27 petits exploitants agricoles (dont 5 femmes) issus de 10 coopératives productrices d’oignons, ainsi que des artisans spécialisés dans le travail du bambou. L’objectif principal : apprendre à construire des claies en bambou pour le séchage et le stockage des oignons, une solution durable et économique pour limiter les pertes après récolte.

Cette formation s’inscrit dans une collaboration stratégique entre le PADFA II et l’INBAR, qui vise à promouvoir l’usage du bambou comme outil agricole et source de revenus. L’initiative combine durabilité environnementale et avantages économiques concrets, en formant les agriculteurs à la culture du bambou, à l’agroforesterie et à la gestion durable. L’objectif à long terme est d’assurer une disponibilité continue en bambou pour une utilisation locale et comme source de revenus supplémentaires.
La formation poursuivait trois objectifs principaux :
- Sensibiliser les participants au potentiel environnemental et socio-économique du bambou ;
- Former les participants à la sélection, au traitement et à la préparation des chaumes de bambou pour la construction de structures durables ;
- Transmettre des compétences pratiques pour la construction des claies en bambou en bambou destinées au séchage et au stockage des oignons.
Adoptant une approche participative, la formation a débuté par une journée théorique, suivie de six jours d’exercices pratiques. À travers des travaux de groupe, des démonstrations et des ateliers de construction, les participants ont acquis les compétences nécessaires pour construire et entretenir leurs propres étagères après la mise en œuvre du projet. Ces structures améliorent la circulation de l’air, réduisent le temps de séchage et limitent la pourriture, ce qui permet aux producteurs de réduire les pertes et d’augmenter leurs revenus.

Selon M. René Kaam, Directeur Régional Afrique centrale de l’INBAR :
« Le bambou ne soutient pas seulement la gestion post-récolte, il offre aussi une nouvelle source de revenus aux agriculteurs. En mettant en place leurs propres plantations, les petits producteurs peuvent couvrir leurs besoins et vendre l’excédent de bambou, renforçant ainsi leur résilience face aux changements climatiques et aux fluctuations économiques. »
De son côté, M. Christiant Kouebou, représentant du PADFA II, a souligné :
« Les coopératives doivent s’équiper d’outils de transformation de base pour le bambou. Cela leur permettra de produire elles-mêmes les étagères de stockage et de réduire considérablement les pertes post-récolte. »

Les retours des agriculteurs sont très positifs. Ils affirment que les étagères en bambou améliorent la qualité de l’oignon, réduisent les pertes et augmentent les gains. Face à ces résultats encourageants, le PADFA II et l’INBAR prévoient d’élargir l’initiative à d’autres coopératives et de proposer l’intégration du bambou comme outil stratégique dans les politiques agricoles du nord du Cameroun.


