Organisation Internationale pour le Bambou et le Rotin

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Formation pour les agriculteurs dans la zone de crise du Cameroun

Actualité

Formation pour les agriculteurs dans la zone de crise du Cameroun

Un atelier a été organisé au Cameroun pour aider les petits exploitants pour apprendre davantage sur les produits forestiers non ligneux tels que le bambou.

Le 27 septembre 2023, un atelier adoptant le modèle de formation des formateurs a débuté à Dschang, au Cameroun. L’atelier organisé par l’INBAR visait à présenter les produits forestiers non ligneux (PFNL), dont le bambou, à 20 petits exploitants agricoles, principalement des femmes et des jeunes des villages situés dans le parc national de Kimbi-Fungom et dans ses environs, dans la région Nord-Ouest du pays.

Cette formation a été organisée en collaboration avec l’Université de Dschang (UDs), le Conseil municipal de Dschang et le Service de conservation du parc national de Kimbi-Fungom dans le cadre du projet ACREGIR (« Accroître la résilience des communautés locales au changement climatique grâce à l’entrepreneuriat des jeunes et la gestion intégrée des ressources naturelles »).

Le projet ACREGIR est administré par le Fonds international de développement agricole avec le soutien financier du Fonds d’adaptation. Les sites d’intervention du projet sont situés dans trois régions du Cameroun : l’Extrême-Nord, le Nord et le Nord-Ouest, entourant trois parcs nationaux : le parc national de Waza (Extrême-Nord), le parc national de la Bénoué (Nord) et le parc national de Kimbi-Fungom (Nord-Ouest), couvrant un total de 188 villages et ciblant 8 800 ménages ruraux avec des quotas définis de 50% de femmes et 40% de jeunes.

L’objectif global du projet ACREGIR est d’accroître la résilience des communautés locales au changement climatique grâce à des moyens de subsistance résilients et à une gestion intégrée des ressources naturelles. Le projet se déroule sur la période 2020-2026 et vise à atteindre son objectif à travers trois résultats : 1) des cadres institutionnels et des plans de développement locaux adaptés au climat aux niveaux régional et local ; 2) une résilience accrue des écosystèmes face au changement climatique grâce au suivi et à une meilleure connaissance de leur état et de leur vulnérabilité ; et 3) une gestion durable des ressources naturelles et des écosystèmes conduisant à des écosystèmes résiliant au climat, à la création d’emplois verts pour les jeunes et les femmes et à des moyens de subsistance résilients.

L’INBAR a été identifié comme partenaire stratégique et soutient le ministère de l’Environnement, de la Protection de la nature et du Développement Durable (MINEPDED), qui est la principale entité d’exécution du projet, pour mettre en œuvre les activités du projet dans les sites d’intervention.

Depuis 2016, la région du Nord-Ouest du Cameroun connaît des niveaux élevés d’insécurité et de violence armée causés par des flambées de violence entre les milices séparatistes de la région et les forces de défense et de sécurité du pays. Cette situation sécuritaire a un impact négatif sur les activités du projet et constitue un risque majeur pour les équipes de mise en Å“uvre dans les villages autour du parc national de Kimbi-Fungom. Pour surmonter cet obstacle majeur dans la région, l’INBAR et la direction du parc national de Kimbi-Fungom ont convenu de sélectionner des bénéficiaires dans la zone d’intervention, les formons à Dschang, située dans la région de l’Ouest, les retenons et les envoyons former d’autres bénéficiaires dans la zone touchée par le conflit ainsi que pour soutenir la mise en Å“uvre d’autres activités.

Le professeur Tchamba Martin de l’UDs s’est exprimé lors de l’ouverture de l’atelier.

Dans son discours de bienvenue, le Professeur Tchamba Martin, chef du Département de Foresterie de l’UDs et représentant du Recteur de l’université, a souhaité la bienvenue aux participants à la formation et a rappelé la collaboration fructueuse entre l’INBAR et l’université dans le passé :

« Depuis 2019, dans le cadre du projet Inter-Afrique sur le bambou mis en œuvre par l’INBAR au Cameroun, l’UDs a bénéficié d’ateliers de renforcement des capacités dans le domaine du développement de la chaîne de valeur du bambou. Avec le soutien de l’INBAR, l’UDs a pu réaliser un inventaire national des bambous au Cameroun, le premier du genre à être réalisé dans la sous-région d’Afrique centrale. Au fil des ans, l’UDs a pu former d’autres institutions et groupes d’agriculteurs, et a restauré des paysages fragiles et des zones de captage d’eau dans le pays en utilisant le bambou ».

Il a ensuite exprimé son souhait de voir cette collaboration se poursuivre.

Pour M. Ashu Walters, conservateur du parc national de Kimbi-Fungom, les efforts de l’INBAR pour poursuivre la mise en Å“uvre des activités dans la région malgré la situation sécuritaire incertaine méritent d’être salués. Selon lui, les autres partenaires devraient suivre le même exemple. Il a conclu son discours en appelant les participants des villages situés autour du parc national de Kimbi-Fungom à accorder une attention particulière à la formation, affirmant que ces personnes « seront les mains et les pieds du projet dans leurs villages respectifs après la formation et qu’elles devront former d’autres bénéficiaires ».

Les quatre jours suivants l’ouverture comprenaient trois jours d’apprentissage en classe et une journée de travail sur le terrain, au cours desquels les participants ont appris l’importance socio-économique et environnementale du bambou, acquis des connaissances sur l’établissement de pépinières, acquis de nouvelles compétences en matière de techniques de propagation, appris comment les plantations sont établies et sur le développement du bambou et d’autres PFNL dans les systèmes agroforestiers.