Sauvegarder les « poumons » de la planète
Le bambou a été reconnu comme un outil puissant de gestion durable lors d’une réunion clé sur la protection des forêts du bassin du Congo.
Représentant 71 % du couvert forestier total de l’Afrique, le bassin du Congo est l’un des « poumons » les plus importants de la planète. Il s’étend sur une superficie plus grande que l’Inde et la France réunies, avec une superficie stupéfiante de 3,7 millions de km². Près d’un quart de la capacité de stockage de carbone de toutes les forêts mondiales se trouve sous sa canopée verdoyante. C’est également une zone clé pour la conservation de la biodiversité, abritant environ 10 000 plantes tropicales, 400 mammifères, 1 000 oiseaux et 700 espèces de poissons.
Lors d’une session intitulée « Conditions et perspectives d’une économie durable du bois », tenue le 6 juillet dans le cadre de la 19e réunion des Parties au Partenariat pour les Forêts du Bassin du Congo (PFBC) à Libreville, Gabon, René Kaam, Directeur du Bureau régional de l’INBAR pour l’Afrique centrale, a présenté des arguments convaincants en faveur du bambou en tant qu’outil puissant pour les efforts de reboisement. En tant qu’herbe à croissance rapide capable d’atteindre sa maturité après trois ans, développant de vastes réseaux de rhizomes souterrains qui réduisent l’érosion, poussant sur des terres dégradées et inclinées, séquestrant efficacement le carbone et prospérant dans les six pays du bassin du Congo, le bambou est une ressource forestière polyvalente de premier plan pour le développement durable.
Et ce n’est pas tout. Il peut également servir de substitut au bois de chauffage, au charbon de bois et aux matériaux de construction, réduisant le besoin d’incursions humaines dans les forêts naturelles, tout en renforçant les moyens de subsistance durables des ménages locaux. Comme cela a été clairement indiqué lors de la présentation, le bambou est non seulement capable mais idéal pour aborder les trois thèmes de la réunion annuelle – l’utilisation durable des terres, la conservation de la biodiversité et la restauration des terres. Le projet en cours de l’INBAR en République du Cameroun a permis d’intégrer la gestion durable des forêts de bambous dans l’élaboration des politiques de restauration des terres.
Toutefois, l’avenir du bassin du Congo est menacé par une multitude de facteurs. Situé en première ligne de la lutte contre le changement climatique, environ 70 milliards de tonnes de carbone aérien et souterrain sont séquestrés par ses terres forestières. Et malgré la fourniture d’innombrables services vitaux qui profitent non seulement aux communautés locales en Afrique mais aussi au monde entier, son couvert forestier continue de se dégrader et de disparaître. L’empiètement agricole, la collecte du bois de chauffage, le développement incontrôlé des infrastructures et les opérations minières imprudentes ne sont que quelques-unes des façons dont les activités humaines mettent en danger ce précieux « poumon » du monde.
Nous sommes maintenant à un point de basculement. Si ces énormes réservoirs de carbone étaient libérés dans l’atmosphère, cela aurait des conséquences dévastatrices pour toute forme de vie sur la planète. Si le Bassin du Congo est en première ligne de défense face au changement climatique, alors c’est une bataille que nous devons sûrement gagner si nous voulons limiter la hausse des températures mondiales.
La plate-forme du PFBC a été créée en 2002 pour relever ce défi. Le nombre de ses membres est passé à 122, dont 13 pays africains, et près d’une centaine d’organisations partenaires, dont la Communauté économique des États de l’Afrique centrale, la Commission des forêts d’Afrique centrale et d’autres organisations internationales. Ensemble, leurs actions conjointes galvanisent le soutien et les ressources financières nécessaires pour parvenir à la gestion durable des forêts du bassin du Congo.

Discours d’ouverture par S.E Stéphane Bonia, Ministre Délégué, Ministère des Eaux, des Forêts, de la Mer, de l’Environnement, Chargé du Plan Climat, et du Plan d’Affectation des Terres du Gabon.
Co-présidé par Son Excellence l’Honorable Dr Christian Ruck, Ambassadeur de bonne Volonté, Facilitateur du PFBC de la République Fédérale d’Allemagne; Son Excellence Jules Doret Ndongo, Ministre des Forêts et de la Faune du Cameroun, Président de la COMIFAC et Président du Conseil d’administration de l’INBAR; et Son Excellence Professeur Lee White, Ministre des Eaux, des Forêts, de la Mer, de l’Environnement, Chargé du Plan Climat, et du Plan d’Affectation des Terres du Gabon; les décideurs et les parties prenantes du monde entier se sont entretenus lors de la réunion pour échanger les meilleures pratiques et les leçons sur la façon de devenir des gestionnaires responsables de la région du Bassin du Congo. Un large consensus s’est dégagé sur le rôle fondamental que les solutions fondées sur la nature doivent jouer dans tout plan transformateur et responsable de gestion des terres.
Pour plus d’informations, veuillez consulter le programme détaillé du MOP19 PFBC.
Pour toute demande concernant la participation de l’INBAR à la MOP19 PFBC, veuillez contacter René Kaam à .


