Organisation Internationale pour le Bambou et le Rotin

Organisation Internationale pour le Bambou et le Rotin

S’impliquer de manière pratique dans un nouvel État membre de l’INBAR

Actualité

S’impliquer de manière pratique dans un nouvel État membre de l’INBAR

 

Participants avec leurs meubles en bambou Crédit : Kfutwah Belmond.

Le premier atelier lancé au Tchad depuis que le pays est devenu le 49e État membre d’INBAR dispense des compétences et des connaissances sur la récolte du bambou et la fabrication de meubles.

Adhérant à l’INBAR le 1er septembre 2022, le Tchad abrite du bambou naturel qui est utilisé quotidiennement pour fabriquer des outils agricoles tels que des houes, des haches, et des clôtures, ainsi que des meubles et des toits. Cependant, les petits exploitants ont du mal à se procurer des semis viables, et il existe un manque de connaissances et de techniques pour la culture. Mais l’aide est en route.

Du 22 mars au 10 avril 2023, un atelier a été organisé pour 28 artisans de 14 villages de la division d’Aboudéia, province de Salamat. L’atelier qui s’est tenu dans le petit village de Liwi avait pour objectif principal de contribuer à la gestion durable des forêts de bambous par le transfert de capacités techniques afin d’améliorer les revenus des utilisateurs de bambous dans la région. En adoptant le modèle de la « formation des formateurs » dans lequel les acteurs clés d’une région sont ciblés pour recevoir une formation leur permettant de diffuser rapidement les nouvelles connaissances et compétences à leur retour dans leur villages, l’atelier visait à déclencher un effet domino parmi les parties prenantes concernées, en renforçant les capacités à grande échelle.

Cette formation a été organisée dans le cadre du projet « Appui au développement et à la mise en Å“uvre d’un modèle concerté et intégré de conservation du Grand écosystème fonctionnel du Parc national de Zakouma (APEF-GEFZ) », mis en Å“uvre par l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN) en partenariat avec d’autres agences et associations au Tchad. L’INBAR a été sollicité pour faciliter le savoir-faire technique de l’atelier.

Sanga a expliqué l’importance du projet pour le développement rural et les objectifs de gestion durable. Crédit : Kfutwah Belmond.

Dans son discours d’ouverture, Azina Sanga Ditcho, chef de projet de l’APEF-GEFZ, a souhaité la bienvenue aux participants et aux différentes délégations avant de présenter la portée du projet et la pertinence de l’atelier pour la population locale.

Il a notamment indiqué que le projet se concentre sur des actions de développement qui respectent les principes de la gestion durable. En se focalisant sur le renforcement des capacités des acteurs locaux dans des domaines d’intervention clés, le travail contribue globalement à la politique de développement dans la région.

Il a terminé son discours en exhortant les participants à saisir l’occasion pour développer des compétences nouvelles et existantes afin d’améliorer leurs moyens de subsistance.

Démonstrations sur le terrain de la récolte du bambou. Crédit : Kfutwah Belmond.

La formation de 20 jours s’est déroulée en deux phases. La première phase visait à fournir aux participants une base théorique solide pour le travail et était composée de présentations, de discussions et de questions-réponses.

La deuxième étape a permis aux participants d’appliquer les connaissances acquises au cours de la phase théorique dans le cadre d’exercices pratiques et d’activités de groupe.

Traitement thermique des chaumes de bambou récoltés. Crédit : Kfutwah Belmond

La formation était d’une portée exhaustive et couvrait une large variété de sujets :

Grâce à la conception holistique du cours de formation, les participants ont acquis une base solide de connaissances et de compétences sur lesquelles des techniques plus avancées pourraient être développées à l’avenir, leur permettant également d’enseigner ces sujets essentiels à d’autres habitants des zones rurales à leur retour dans leur résidence d’origine une fois la formation terminée.

Assemblage de chaises en bambou. Crédit : Kfutwah Belmond.

L’INBAR travaille désormais en étroite collaboration avec le gouvernement du Tchad afin d’élaborer des solutions sur mesure pour relever les défis liés à la croissance des secteurs du bambou et du rotin dans le pays.

Les participants poncent la surface d’un sommier en bambou. Crédit : Kfutwah Belmond.

En tant que courtier mondial du savoir, l’INBAR intégrera le travail de projet au Tchad dans le cadre de la coopération Sud-Sud, en facilitant l’entrée de technologies et de solutions innovantes dans le nouvel État membre. L’objectif principal est de renforcer les moyens de subsistance des communautés locales tout en révélant la promesse du bambou en tant qu’outil essentiel permettant d’apporter des changements positifs de différentes manières, de l’augmentation des revenus des ménages, de la mise en Å“uvre de programmes de gestion durable des terres et de la contribution à la séquestration du carbone.

Les femmes ont également joué un rôle actif dans la formation. Crédit : Kfutwah Belmond.

La cérémonie de clôture s’est déroulée en présence du secrétaire général de la province du Salamat (représentant du Gouverneur), de l’officier divisionnaire principal d’Aboudéia, des officiers divisionnaires ruraux d’Aboudéia, des chefs des forces de défense et de sécurité, des chefs de cantons, des représentants du ministère de l’Environnement, de la pêche et du développement durable et du ministère de la Culture, du tourisme et de l’artisanat, ainsi que des représentants d’autres organisations et associations.

Mara a clôturé l’atelier en remerciant les participants et les organisateurs d’avoir organisé un événement aussi important. Crédit : Kfutwah Belmond.

Dans son discours de clôture, Maab Mara, secrétaire général de la province de Salamat et représentant du gouverneur de la province, a remercié les stagiaires d’avoir honoré la formation par leur présence et leur participation diligente, malgré leurs multiples occupations et leurs agendas chargés. Il leur a rappelé de mettre en pratique les compétences qu’ils avaient acquises et a exprimé son souhait de les voir les appliquer afin d’améliorer leurs moyens de subsistance. Il a en outre conseillé aux stagiaires de profiter de l’occasion pour s’intégrer aux projets et programmes en cours dans la province. Dans son discours de clôture, il a particulièrement remercié l’INBAR d’avoir partagé son savoir-faire technique avec les parties prenantes au Tchad et a exprimé son espoir de voir cette collaboration se poursuivre à l’avenir.

L’INBAR continuera de travailler en partenariat avec le gouvernement du Tchad pour assurer le développement durable de la chaîne de valeur du bambou et du rotin dans le pays grâce à la coopération Sud-Sud et au transfert de technologies et de solutions.